Singaporean rhapsody

Publié le par Etienne Balmer

Aventures ordinaires à... Singapour

Sur YouTube, les régimes autoritaires deviennent cool

 

L’Autorité de développement des médias de Singapour soigne son image. Une vidéo qui met en scène les cadres supérieurs du service en train de rapper circule en ce moment sur le web. Séduit, le très influent Loïc Le Meur juge dans un message du 1er décembre sur son blog « très intéressant que le Gouvernement de Singapour soit capable de créer ce genre de vidéo, et surtout de placer le Web et son développement très haut dans ses préoccupations », et imagine déjà un partenariat avec son site de vidéo Seesmic.



 
 
Big city, big money, Big Brother
 

En 1965, Singapour déclare son indépendance. La politique économique ultralibérale du gouvernement favorise l’afflux d’investissements étrangers, notamment dans l’électronique grand public. Aujourd’hui, Singapour est une cité-Etat de 4 millions d’habitants dont le commerce, la finance, le high-tech et la pétrochimie sont les principaux atouts.

 

De nombreuses organisations des droits de l’homme, dont Amnesty International, dénoncent le recours systématique des dirigeants de Singapour à des procès en diffamation pour acculer au silence et à la faillite leurs adversaires politiques. Chee Soon Juan, le secrétaire général du Parti démocratique de Singapour (Singaporedemocrat.org), est un habitué de courts séjours en prison pour prise de parole illégale en public. Le cyberespace singapourien est lui aussi sévèrement muselé par les autorités, notamment – tiens, tiens, l’Autorité de développement des médias de Singapour précisément, les auteurs du clip vidéo.

 

La formidable réussite économique de Singapour achève d’étouffer toute contestation intérieure et toute critique sérieuse émanant de la communauté internationale.

 

En février 2007, Courrier international consacrait un dossier sur Singapour. Morceaux choisis.

 

« Le modèle politique singapourien est l’aboutissement d’une stratégie très sophistiquée qui vise à contenir, contrôler et manipuler la société… »

 

« Le gouvernement de Singapour part du principe que ce qui importe le plus aux gens dans le quotidien, c’est de vivre en sécurité, d’avoir un emploi sûr, une vie paisible et prospère… »

 

« Le gouvernement est proche de son but : l’idéal d’une société qui sera toujours gouvernée par un groupe d’hommes et de femmes irréprochables, honnêtes et travailleurs, garantissant la probité de leurs successeurs grâce à un système d’autocontrôle et d’auto-renouvellement continus ».

 
 Quelques interdits locaux (source : Wikipedia)
 

Il est interdit de : faire la grève, avoir des rapports homosexuels masculins, posséder une antenne parabolique, vendre des journaux malaisiens et des chewing-gum, manger et boire dans les transports en commun…

 

Selon Amnesty International, 420 personnes ont été pendues à Singapour entre 1991 et 2005, essentiellement pour trafic de drogue. Le nombre d'exécutions capitales par habitant de Singapour est le plus élevé du monde.

 
 
 
 
 

Publié dans Aventures ordinaires

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