Lundi 17 décembre 2007

RETOUR DE BATON

J'ai sous-estimé l'émotion persistante autour de l'affaire Garfieldd. Je regrette le mal potentiel que la publication de mon article sur Rue89 a pu causer au principal intéressé, que je n'avais pas averti de ma démarche, contrairement aux autres personnes nommément citées dans mon papier.  

J'ai pensé que l'affaire était assumée à présent, comme l'identité de Garfieldd est facilement retrouvable sur internet, y compris sur nombre de blogs qui avaient pris sa défense à l'époque des faits. 

Une erreur professionnelle qui m'a valu une mini-fronde sur la blogosphère.

J'ai pourtant tenté de mener une enquête journalistique sans parti pris, sincère, aussi sérieuse que possible. J'invite les esprits à l'apaisement, pour la réputation de Garfieldd comme de la mienne. Merci.

Par Etienne Balmer - Publié dans : Aventures ordinaires
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Jeudi 6 décembre 2007

Au boulot, le web 2.0 fait souffler le chaud et le froid

 

On l’annonçait comme la nouvelle fronde branchée de David contre Goliath. Cinq ans et quelques procès plus tard, le blog a calmé les salariés les plus bavards. Une leçon amère des risques professionnels d’une surexposition intime sur internet, alors que les réseaux sociaux prospèrent.


 

« On pensait juste écrire pour nos potes… ». Il y a deux ans, A. et ses camarades de stage tenaient un blog, dans lequel ils se moquaient allègrement de leurs chefs. Le délire d’étudiants potaches a tourné court quand la direction est tombée dessus, comme le blog était en libre accès. « Après c’est devenu l’enfer pour nous », témoigne une copine de A., prise elle aussi la main dans le… clavier.


De l’ancienne ivresse du verbe libre à la sobriété d’aujourd’hui, le contraste est saisissant chez les blogueurs qui se sont brûlés les ailes dans le monde du travail. Aujourd’hui, A. ne tient plus de blog et fuit Facebook et consorts. Pour son avenir de jeune professionnel, il vaut mieux enterrer cette mauvaise anecdote. Mais Google, qui archive les pages web, peut avoir la mémoire aussi longue qu’une carrière.

 

 « Avec internet, on baigne dans la culture du tout gratuit et du tout permis », décrypte Stéphane Boudin, avocat au barreau de Seine Saint-Denis spécialisé dans le droit du travail et les contentieux du web. « Or les sanctions peuvent arriver très vite ». Quels sont les risques professionnels de s’épancher sur un blog ? En France, la liberté d’expression a valeur constitutionnelle et elle est consacrée dans le code du travail. Mais cette liberté à l’intérieur et hors de l’entreprise connaît des limites, auxquelles internet n’échappe pas. La diffamation, le dénigrement et l’injure sont une première ligne à ne pas franchir.

 

Une ex-salariée de Nissan en colère


Licenciée en octobre 2004 pour avoir refusé coup sur coup deux postes déclassés après un retour de congé de maternité, Stéphanie Gonier crée un blog en février 2006. « Maman chez Nissan Europe, parité bafouée » est un pamphlet électronique dans lequel la trentenaire en colère s’affiche en porte-étendard de salariées victimes de leur congé parental. La blogueuse lâche des noms, et traite ses ex-employeurs d’« association de malfaiteurs ». Nissan Europe lui intente un procès en diffamation, que la jeune femme perd. Les noms et les propos en question sont retirés du blog, des dommages et intérêts sont payés. Pourtant, Stéphanie Gonier ne regrette rien : « Je voulais montrer que l’on pouvait se défendre contre une grande holding. Si c’était à refaire, je le referais ».  

 

S’il est salarié, le blogueur doit respecter ses obligations de loyauté et de discrétion envers son employeur. Il ne doit pas écrire sur son blog pendant ses heures de travail, ni décrire de manière négative son entreprise ou dévoiler des secrets professionnels.

 

L'affaire Petite Anglaise

 

Sur son blog Petiteanglaise.com, Catherine Sanderson joue les Bridget Jones. Avec humour, elle y parle de sa vie d’expatriée à Paris, et plus rarement de son employeur, le cabinet britannique d’expertise comptable Dixon Wilson, en se gardant bien de le nommer. Un jour, elle dépeint l’un de ses patrons comme « un senior partner portant des bretelles et des fixe-chaussettes », environné par « un portrait de la reine dans un cadre, du chocolat Cadbury’s, du thé Tetley ». Pas de quoi nuire à l’image de la compagnie. Pourtant, quand l’entreprise découvre le blog en février 2006, c’est le scandale. Deux mois plus tard, la jeune femme est licenciée. « Propos inacceptables », « pur dénigrement à l’égard de vos supérieurs »… Dixon Wilson veut ériger le « cas Petite Anglaise » en exemple d’autorité de l’employeur sur ses salariés. Mais le cabinet d’experts-comptables en sera pour ses frais. Catherine Sanderson porte l’affaire aux prud’hommes pour licenciement abusif. Et gagne, en mars dernier. Les avocats de son employeur n’ont pu prouver que le blog détériorait sérieusement l’image de Dixon Wilson. En revanche, la blogosphère et les médias du monde entier se sont chargés de le faire. Depuis, les employeurs confrontés à un blog sont plus prudents, et les blogueurs salariés aussi.

 
Flou juridique et devoir de réserve pour tous
 

Nombre d’employeurs préfèrent négocier en pièces sonnantes et trébuchantes le départ d’un salarié blogueur embarrassant. Alice est congédiée par sa boîte de communication en mars 2006 après qu’un collègue l’eût démasquée comme l’auteur et modèle photo d’un blog en petite tenue. Un accord financier évite aux deux parties un procès long et médiatique, dont l’issue s’annonçait incertaine. Car les agissements du salarié en dehors de son temps de travail ne justifient pas de sanction disciplinaire, sauf s’ils causent un « trouble objectif caractérisé » à l’entreprise. Une notion qui erre encore dans un certain « flou juridique », selon l’avocat Stéphane Boudin. L’employeur doit démontrer en quoi des actions précises du salarié entraînent un trouble matériellement vérifiable ou un préjudice certain à l’entreprise.

 

Fonctionnaires, taisez-vous!

 

Cette exigence de « dignité » est particulièrement prégnante dans la fonction publique, où le devoir de réserve n’est pas un vain mot. « La fonction publique aime bien verrouiller ce qu’il se passe en son sein », commente Stéphane Boudin. De mémoire, l’avocat estime à « une quinzaine » le nombre de fonctionnaires réduits au silence pour s’être exprimés sur leurs métiers respectifs dans un blog. Parmi eux, un inspecteur du travail, des policiers, des médecins ou encore des enseignants.


A l’automne 2005, le ministère de l’éducation nationale s’affole du contenu du « blog de Garfieldd ». Derrière ce pseudonyme s’abrite un proviseur d’un lycée en Lozère. En plus de confier des réflexions personnelles sur son métier, le proviseur se sert de son blog comme une tribune pour revendiquer son homosexualité. On y voit des photos d’hommes en sous-vêtements, on y lit quelques mots crus. Le proviseur y apparaît lui-même, allongé nu sur une plage, sur le ventre, le visage et les fesses visibles. D’abord révoqué de la fonction publique dans un climat de prude panique et de rumeurs infondées de pédophilie, le proviseur verra finalement sa sanction commuer en une suspension de six mois en janvier 2006. « Quelque part, il a eu ce qu’il méritait », juge un infirmier blogueur, lui-même homosexuel assumé. « Cela ne lui serait jamais venu à l’esprit de poser à poil en couverture de Têtu. Et sur son blog il le fait ! ».

 

"Moins on est sur Google, mieux c'est"

 

« La liberté sur les blogs s’arrête au même moment que dans la vie : à la politesse, à la bienséance, à la hiérarchie professionnelle », martèle Ron, le blogueur infirmier. Qui tient farouchement à son anonymat : « Révéler son identité, c’est une mine à emmerdements ». Depuis trois ans, Ron saupoudre la narration de sa vie quotidienne de vieilles anecdotes professionnelles, en trichant légèrement sur son domaine de soins pour brouiller les pistes. Cela ne lui a pas épargné la rancune de sa chef, paniquée à l’idée d’avoir un employé hors de son contrôle. Sous pression, Ron a finalement démissionné cet été. « J’aurais pu me lâcher sur ma chef dans mon blog. Mais je me suis retenu, car si mon nouvel employeur était tombé sur des âneries et des injures de ma part, il aurait peut-être hésité à m’embaucher ». Catherine Sanderson, alias Petite Anglaise, joue les Cassandre : selon elle désormais,à cause d’un blog polémique ou d’une page personnelle à l’humour douteux, « le risque est moins de se faire virer que de ne pas se faire embaucher ». Conclusion laconique de Ron l’infirmier : « Moins on est sur Google, mieux c’est ». Un appel à la modération peut-être salutaire, à l’heure de l’engouement pour les réseaux sociaux comme Facebook ou Myspace, dont personne ne sait aujourd’hui à quelles fins les données personnelles collectées sur leurs joyeux membres pourront être employées dans quelques années.

 
Par Etienne Balmer - Publié dans : Aventures ordinaires
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Mardi 4 décembre 2007
Aventures ordinaires à... Singapour

Sur YouTube, les régimes autoritaires deviennent cool

 

L’Autorité de développement des médias de Singapour soigne son image. Une vidéo qui met en scène les cadres supérieurs du service en train de rapper circule en ce moment sur le web. Séduit, le très influent Loïc Le Meur juge dans un message du 1er décembre sur son blog « très intéressant que le Gouvernement de Singapour soit capable de créer ce genre de vidéo, et surtout de placer le Web et son développement très haut dans ses préoccupations », et imagine déjà un partenariat avec son site de vidéo Seesmic.



 
 
Big city, big money, Big Brother
 

En 1965, Singapour déclare son indépendance. La politique économique ultralibérale du gouvernement favorise l’afflux d’investissements étrangers, notamment dans l’électronique grand public. Aujourd’hui, Singapour est une cité-Etat de 4 millions d’habitants dont le commerce, la finance, le high-tech et la pétrochimie sont les principaux atouts.

 

De nombreuses organisations des droits de l’homme, dont Amnesty International, dénoncent le recours systématique des dirigeants de Singapour à des procès en diffamation pour acculer au silence et à la faillite leurs adversaires politiques. Chee Soon Juan, le secrétaire général du Parti démocratique de Singapour (Singaporedemocrat.org), est un habitué de courts séjours en prison pour prise de parole illégale en public. Le cyberespace singapourien est lui aussi sévèrement muselé par les autorités, notamment – tiens, tiens, l’Autorité de développement des médias de Singapour précisément, les auteurs du clip vidéo.

 

La formidable réussite économique de Singapour achève d’étouffer toute contestation intérieure et toute critique sérieuse émanant de la communauté internationale.

 

En février 2007, Courrier international consacrait un dossier sur Singapour. Morceaux choisis.

 

« Le modèle politique singapourien est l’aboutissement d’une stratégie très sophistiquée qui vise à contenir, contrôler et manipuler la société… »

 

« Le gouvernement de Singapour part du principe que ce qui importe le plus aux gens dans le quotidien, c’est de vivre en sécurité, d’avoir un emploi sûr, une vie paisible et prospère… »

 

« Le gouvernement est proche de son but : l’idéal d’une société qui sera toujours gouvernée par un groupe d’hommes et de femmes irréprochables, honnêtes et travailleurs, garantissant la probité de leurs successeurs grâce à un système d’autocontrôle et d’auto-renouvellement continus ».

 
 Quelques interdits locaux (source : Wikipedia)
 

Il est interdit de : faire la grève, avoir des rapports homosexuels masculins, posséder une antenne parabolique, vendre des journaux malaisiens et des chewing-gum, manger et boire dans les transports en commun…

 

Selon Amnesty International, 420 personnes ont été pendues à Singapour entre 1991 et 2005, essentiellement pour trafic de drogue. Le nombre d'exécutions capitales par habitant de Singapour est le plus élevé du monde.

 
 
 
 
 
Par Etienne Balmer - Publié dans : Aventures ordinaires
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Lundi 15 octobre 2007
undefined
Jazzy Japan

Les cafés abondent à Tokyo. Avec la chaleur lourde de septembre, leur fraîcheur climatisée est vrai bonheur. Un verre d'eau vous est toujours offert d'emblée. Beaucoup de cafés sont issus de chaînes, très appréciées des Japonais : Doutor, sorte de Starbucks haut de gamme, ou Veloce qui recrée une ambiance de brasserie "à la française"...
Le jazz et la bossa nova y sont distillés en continu.


Optic
3000


















Dans les rues de Tokyo,
on tombe parfois sur des nettoyants publics
pour lunettes. Pour peu que l'on y plonge sa monture, l'eau du premier bassin se met à bouillonner comme par magie. On trempe ensuite ses verres dans l'eau froide d'un autre évier, avant de les essuyer à l'aide d'un mouchoir, tout aussi généreusement mis à disposition du passant. Un service agréable et gratuit, mais sans doute pas anodin : l'installation est en devanture d'un opticien...



Pique-nique
en banlieue


Une bande d'amis, un dimanche après-midi sur les berges du fleuve Tama, au sud-ouest de Tokyo. On souffle sur les braises du barbecue, on se détend sur sa chaise pliante, ou l'on s'ingénie à monter un auvent, au cas où la pluie serait tentée de s'inviter à la fête.


Sumo, la force tranquille




Geta
(sandales de bois) aux pieds et kimono fleuri au vent, un sumo s'apprête à gagner les vestiaires du Kokugikan, l'arène où se déroule chaque année le grand tournoi d'automne à Tokyo.


Sushi et compagnie



Tsukiji, à l'embouchure du fleuve Sumida dans la baie de Tokyo, est le plus grand marché de produits de la mer au monde. Plus de 2000 tonnes de poissons, crustacés et autres poulpes fraîchement pêchés y sont vendus chaque matin.



















A l'extérieur des halles géantes de Tsukiji, c'est un ballet incessant de
drôles d'engins électriques à trois roues, qui font l'aller-retour entre les camions frigorifiques et les étalages du marché. Les policiers, au milieu du trafic, jouent les chefs-d'orchestre.





Pendant que des coursiers déchargent encore de la marchandise, une file d'attente s'est déjà formée à l'entrée des restaurants de sushis qui bordent les halles de Tsukiji. Rien que pour le plaisir de déguster le poisson le plus frais possible... Il est 7h30 du matin.

La loterie des Dieux






Deux jeunes filles lisent leur avenir, non loin du temple Senso-ji à Asakusa. Consulter l'omikuji, la loterie sacrée, est une pratique courante au Japon. Obtenu contre une modeste offrande pécuniaire au temple, l'horoscope divin prend la forme de petits rouleaux en papier. Lorsque la prédiction est mauvaise, on peut l'accrocher sur une branche de pin ou sur des grilles spécialement conçues à cet effet (photo) à proximité du temple, pour conjurer le mauvais sort.




Les modes de tirage des omikuji varient - il existerait même des distributeurs automatiques ! Cependant la technique la plus répandue consiste à extraire une baguette en bois contenue dans un tube en bambou. Sur chaque baguette est inscrite un numéro distinct. Celui-ci renvoie à un casier précis, dans lequel la prédiction vous attend...


Electric city




Haut lieu du marché noir dans l'après-guerre, Akihabara s'est spécialisé très tôt dans l'électronique. Rudement concurrencé par les nouveaux quartiers branchés de Tokyo, Akihabara connaît un second souffle depuis qu'il est devenu l'un des lieux favoris des mordus de mangas. Pour vanter des produits high-tech dernier cri, un jeune employé racole le chaland, pancarte à l'appui : une bonne vieille recette à l'ancienne, un spectacle quotidien à Tokyo.


Le temple des héros criminels

Le temple shinto de Yasukuni à Tokyo est le symbole du Japon nationaliste (actualité récente). Il "déifie" les âmes des deux millions de soldats qui ont donné leur vie au nom de l'empereur. Accessible à tous, le sanctuaire fait l'objet d'un culte populaire, aussi bien par des vétérans de la Seconde Guerre mondiale que par des familles et, plus surprenant de nos jours, par beaucoup de jeunes.

Ambiance lugure dans
le Yushukan, le musée de l'histoire militaire du Japon, non loin du temple. Des murs entiers y sont recouverts de photos de "héros", dont les célèbres pilotes kamikazes. On y apprend aussi que l'expansion japonaise en Asie et dans le Pacifique dans la première moitié du 20e siècle aurait été destinée à créer "une sphère de co-prospérité de la Grande Asie" face à l'impérialisme occidental. Rien, ou presque, sur les exactions de l'armée japonaise sur les populations des pays occupés pendant cette période. Les massacres de Nankin en Chine (qui firent entre 150.000 et 300.000 victimes civiles en 1937-1938) y sont qualifiés de "troubles" auxquels l'armée japonaise aurait mis fin en établissant un "cordon de sécurité".

Dans le magasin-souvenirs du Yushukan, on achète des cendriers figurant les avions de chasse de l'armée impériale pendant la guerre, les fameux Zero, ou des hachimaki, les bandeaux aux couleurs du drapeau national, portés notamment par les... kamikazes.





Par Etienne Balmer - Publié dans : Aventures ordinaires
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Vendredi 18 mai 2007
JUSTICE. Trois audiences en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Paris, mardi 14 mai




Un an ferme pour le vol d’un ordinateur


Un homme de 41 ans, dont 17 en prison, toxicomane, sans profession et sans abri, comptabilisant 31 condamnations, a été condamné à un an de prison ferme pour cambriolage.
Le prévenu n'a pas contesté les faits qui lui étaient reprochés, en l’occurrence le vol d’un ordinateur et d’autres objets de valeur chez un particulier la semaine précédente. « Il faut bien que je me débrouille », a-t-il ajouté. Il a précisé que lorsqu'il était occasionnellement hébergé chez sa soeur à Versailles, il ne faisait pas de « bêtises » et ne se droguait pas. 

 

Au volant sans permis, sans assurance et en état d’ébriété


Un jeune homme de nationalité portugaise a écopé d’un mois de prison ferme pour avoir conduit la veille une voiture en état d’ébriété, sans permis et sans assurance. 
Ce n'était pas sa première arrestation pour alcoolémie ni pour défaut d'assurance. Son permis lui avait déjà été retiré, il y a trois mois. Sous la pression du procureur de la République, le prévenu a concédé que cela lui était arrivé « régulièrement » de conduire sans permis ces derniers mois. « Il n’a pas conscience du danger de l’alcoolisme. Est-ce qu’il faudra un mort pour qu’il se rende compte ? » a tonné le procureur.
Le juge, conscient qu’une peine trop lourde risquerait de menacer le travail du jeune prévenu, gérant d’une petite société de chantier, a évoqué la possibilité de bénéficier d'une semi-liberté. C’est au juge d’application des peines de trancher.


Vol de métaux : 3 mois ferme pour l’un, 3 mois avec sursis pour le complice


Deux Roumains âgés de 19 et 20 ans ont comparu devant le tribunal pour vol de métaux sur un chantier.
Bien que pris la main dans le sac par les policiers, les deux prévenus, qui ne parlaient pas le français et qui s’exprimaient par l’intermédiaire d’une interprète, ont nié les faits jusqu’à la fin de l’audience, avant d’avouer et de solliciter, en larmes, l’indulgence du juge d'instruction.
Le premier, âgé de 19 ans, est arrivé en France il y a un an et a fait l’objet de deux condamnations pour des faits similaires. C’est ce qui lui a valu 3 mois de prison ferme.
Son complice a déclaré être arrivé en France il y a moins d’une semaine. Il s’agissait de sa première condamnation en justice. Sitôt son verdict tombé, 3 mois avec sursis pendant 5 ans de mise à l’épreuve, le prévenu s’est agenouillé et a remercié le Ciel pour sa clémence.


 

Par Etienne Balmer - Publié dans : Paris je t'aime moi non plus
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Dimanche 13 mai 2007
Carnet de voyage au Caire, du 9 au 21 avril 07

Pour en savoir plus sur le défi urbain du Caire, lisez El-Nessim


Le café Fishawi, dans le souk de Khan-el-Khalili.
Un lieu mythique,
jadis fréquenté par la fine fleur intellectuelle égyptienne. Aujourd'hui l'un des points de repère de la jeunesse dorée cairote, et de touristes en quête de l'Orient de leurs fantasmes. 































Un homme et son fils réparent une vieille voiture, à deux pas du Caire copte. Un quartier historique transformé en véritable musée à ciel ouvert, sous étroite surveillance policière.
















Le long des couloirs du nouvel hôpital de Kasr-el-Aini,
dans le centre-ville du Caire, des Egyptiens prennent leur mal en patience.


















Un marché aux dromadaires, à quelques dizaines de

kilomètres du Caire. Les Egyptiens sont amateurs
de courses de dromadaires. Leur viande est également appréciée.




Les rues paisibles de Garden City forment un dédale parsemé de végétation.
De nobles façades se délabrent en silence et semblent se remémorer avec regret leur gloire passée. Inspiré des cités-jardins à l'anglaise, Garden City était le quartier de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie jusque dans les années 60.
Bien qu'il abrite toujours plusieurs ministères et des ambassades, les nouveaux riches ont déserté Garden City au profit de villes privées en périphérie du Caire.

Mais c'est toujours le quartier préféré de l'écrivain cairote Alaa el-Aswany (L'immeuble Yakoubian), qui y vit et exerce sa profession de... dentiste. "Mon cabinet est une fenêtre sur les gens, ils me racontent leurs problèmes, et ils arrivent que nous devenons amis", dit-il.





Une mosquée à proximité du Centre culturel français.

Lors de la prière du vendredi, la plus importante de la semaine, le lieu fait toujours salle comble.

Les retardataires s'entassent dans l'arrière-cour et sur le trottoir.


Le prêche de l'imam est diffusé par haut-parleurs dans tout le quartier.
































Par Etienne Balmer - Publié dans : Aventures ordinaires
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Lundi 30 avril 2007

TRADITION. En Alsace, les enfants turcs à la fête

 

 

En Turquie, la Fête (bayrami) des Enfants (çocuk) a lieu chaque 23 avril. Dans le Bas-Rhin, la communauté turque de la région de Haguenau a célébré l’événement dimanche 29 avril. Un moment riche en musique et danses folkloriques, qui a pris de cours le grand public (photos E.B).



La communauté turque d’Alsace du Nord était en effervescence ce dimanche-là dans les rues de Haguenau. Dès 13h30, un joyeux défilé d’enfants et de parents est parti de la mairie. Derrière une foule de drapeaux turcs, français et européens, une sono sur roulettes donne le tempo. Le cortège marque régulièrement des arrêts dans la zone piétonne. C’est l’occasion pour Asiye, Merve, Zeynep, Pelin et leurs copines, âgées de 12 à 14 ans, de se prendre la main, le temps d’une ronde de la Mer Noire, dans de magnifiques costumes chamarrés rouge et or. Puis vient le tour de Kerem, Emre, Volkan, Sefa, Enes, des garçons de 7 à 9 ans, d’esquisser quelques pas de danse de la Mer Egée, sous l’œil attendri et fier de leurs parents. « Cette fête permet de transmettre la culture turque à nos enfants, explique Omer Yildirim, secrétaire de l’Association des parents d’élèves turcs de Haguenau, car il faut connaître sa culture d’origine pour mieux s’intégrer en France ».



Dernière étape du défilé, la salle des corporations. Les convives se lèvent pour entonner l’hymne national turc, auquel succèdent les airs de la Marseillaise. S’enchaînent d’autres danses, des récitations de poèmes et des sketches, pendant que le stand de döner kebab tourne à plein régime. Seul regret des organisateurs : le public de l’événement est resté communautaire. La faute peut-être aux vacances scolaires, qui ont empêché les écoles et les collèges de prendre part à cette fête, malgré ses principes universalistes chers à Mustapha Kemal « Atatürk », fondateur de la République turque moderne. Interrogée dans la zone piétonne, une passante se déclare « surprise » par la manifestation. « Je ne suis pas raciste », prévient-elle d'emblée, « mais ils auraient pu prévenir, tout de même ! ». 
Par Etienne Balmer - Publié dans : Mon ADN aux DNA
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Vendredi 30 mars 2007

THEATRE. Un atelier d'écriture à Clichy-sous-Bois


La Comédie-Française a invité des lycéens de Bondy et de Clichy-sous-Bois à jouer aux journalistes à l'occasion d'une représentation du Retour au désert, une pièce de Bernard-Marie Koltès nouvellement inscrite au répertoire du célèbre théâtre public.


« M’sieur, m’sieur, je peux vraiment dire ça ? ». Des miettes de phrases en pattes de mouche s’agglutinent sur le papier. Des regards peu assurés quémandent l’approbation du maître, le maître que je ne veux pas être pour ces jeunes filles. Les stylos s’empressent de raturer des lignes qui ont osé sortir de la tranchée à découvert. Avec ma moindre moue désapprobatrice en guise de mitraille. La seconde 8 du lycée Alfred Nobel de Clichy-sous-Bois a beau être une classe expérimentale, les réflexes scolaires ont la peau dure. L’autonomie, la confiance en soi, la réflexion sont des notions nouvelles pour les élèves. Comment leur faire comprendre qu’un journaliste ne rende des comptes à aucun professeur, seulement à ses lecteurs ? « Les élèves vous attendent comme le messie » nous avait prévenu les organisatrices de l’atelier d’écriture autour de la pièce de Bernard-Marie Koltès, Le retour au désert. L’histoire d’une famille qui s’entredéchire dans un curieux tragicomique, sur fond de guerre d’Algérie. Une œuvre lumineuse, dense, qui parle à ces jeunes issus de l’immigration pour la plupart. Entre la Comédie-Française et les lycéens existe un fossé culturel à la mesure de la soif de ces derniers. Mais il y a des gouttes d’eau dont le goût ne s’oublie pas.

Par Etienne Balmer - Publié dans : Paris je t'aime moi non plus
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Mercredi 21 février 2007
Million dollars babies
 

« C’est l’enchère que vous attendez tous », « une authentique pièce d’histoire »… Pas moins de 90 vendeurs aux enchères sur Ebay proposent des mèches de cheveux de Britney Spears. En se rasant la tête dans un salon de coiffure californien vendredi soir, la pop star de 25 ans a involontairement suscité l’engouement de fans fétichistes et d’escrocs de tous poils. Les prix varient de 2 à 2100 dollars, selon que le vendeur propose quelques touffes ou des mèches plus volumineuses. Les offres se multiplient en Australie, en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Chaque vendeur y va de sa petite histoire familiale pour expliquer comment les cheveux de la star sont tombés dans ses mains : des relations dans le « show-biz » pour l’un, un parent travaillant à proximité du salon de coiffure pour un autre, ou un frère en vacances en Californie flânant providentiellement dans le quartier pour un troisième... Sans parler de ces cheveux qui ressemblent plus aux poils d’un de ses anciens chihuahuas.

 

Britney Spears n’est pas la seule célébrité à faire l’objet d’un commerce insolite sur Internet. La riche héritière au parfum de scandale Paris Hilton s’en fait même une spécialité. Son coup d’éclat remonte il y a deux ans, lorsqu’elle a vendu sa bague de fiançailles offerte par Pâris Latsis, le jeune héritier grec richissime avec lequel elle venait de rompre, pour cinq millions de dollars. Fin janvier, Paris Hilton a été prise à son propre piège en découvrant que des objets personnels qu’elle avait confiés depuis 2004 à une société de gardiennage spécialisée pour les mettre à l’abri des cambriolages étaient vendus sur Internet. La demoiselle négligente aurait oublié le mois dernier de régler 208 dollars au propriétaire du garde-meubles. Celui-ci ne s’est pas fait prié pour vendre les vidéos, photos et autre journaux intimes de sa cliente à un certain Bardia Persa pour 2775 dollars. Paris Hilton, qui a aussitôt porté plainte, a obtenu le 2 février la fermeture du site internet Parisexposed.com, qui organisait les enchères. Trop tard : les ventes ont rapporté dix millions de dollars à Bardia Persa.

 

A côté de ces « million dollar babies », la pop star Justin Timberlake, l’antique ex-petit ami de Britney Spears, a moins la cote : un chewing gum qu’il aurait craché après un concert à Montréal le 18 janvier est aux enchères sur Ebay pour 70 dollars. Seulement, personne n’en veut.

 
 
Par Etienne Balmer - Publié dans : Paris je t'aime moi non plus
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Vendredi 16 février 2007
INSOLITE. Pompiers de Paris : la vraie télé-réalité



La cellule photo et vidéo des sapeurs-pompiers de Paris, bien que discrète, produit pourtant au quotidien des images des interventions de la brigade très convoitées par les médias.

 

Pascal, 28 ans, a deux passions : la lutte contre les incendies et la photographie. Il était prédestiné pour son métier, reporter d’images de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). Ils sont sept, plus une stagiaire et un réserviste, pour assurer une permanence 24h/24 de la cellule photo-vidéo. Cette dernière réalise 500 reportages photos et 200 vidéos en moyenne par an lors des interventions les plus importantes de la brigade. Un service essentiellement interne à la brigade, utile pour la mémoire des sapeurs-pompiers, pour l’illustration d’Allo 18, le magazine mensuel de la profession, ou encore à des fins de formation des « combattants du feu ». « En règle générale, nous partons à trois : un photographe, un cadreur et un rédacteur d’Allo 18 », explique Pascal.

 

La cellule photo et vidéo est prévenue en dernier dans l’ordre d’intervention. Comme elle couvre l’ensemble de Paris et de la Petite couronne (le 92, le 93 et le 94), ses équipes arrivent souvent tard sur le théâtre des opérations. Qu’importe : les images qu’elles ramènent sont impressionnantes. En effet, rares sont les photojournalistes qui peuvent approcher les incendies, les accidents et les crimes d’aussi près. Attentat de la station de métro Saint-Michel en 1995, mort de Lady Diana sous le pont de l’Alma en 1997 : la cellule photo des sapeurs-pompiers était aux premières loges. Un privilège qui vaut parfois à Pascal et ses collègues d’être approchés par des personnes peu scrupuleuses. « Après le crash du Concorde en juillet 2000, on a proposé à l’un d’entre nous de lui acheter à prix d’or les photos de la catastrophe. Évidemment, il a refusé, sinon il pouvait dire adieu à sa carrière et se retrouver en procès », rapporte Pascal. Sapeur-pompier depuis huit ans, dont deux à la cellule photo-vidéo, Rémi évoque aussi la coopération du service avec la police judiciaire. « Il arrive que nos photos sur certaines interventions servent la PJ, comme lors de l’incendie de l’ambassade d’Israël en 2002. De même, quand nous arrivons sur les lieux d’un crime, il faut veiller à ne pas laisser nos traces ADN, car cela compliquerait la tâche des enquêteurs ». Les réquisitions judiciaires des archives de la cellule photo-vidéo peuvent parfois viser les sapeurs-pompiers eux-mêmes, en cas de plainte déposée contre la BSPP pour faute professionnelle en intervention.

 

Il arrive aussi à la photothèque des sapeurs-pompiers de toucher le grand public, au nom du droit à l’information. Certains clichés ou des montages vidéos sont en effet vendus aux médias. Ni victimes, ni sang dans la sélection. « Les trois premiers jours de l’embrasement des banlieues en novembre 2005, nous avions reçu l’ordre de ne pas couvrir les événements », se souvient Pascal. La situation était trop confuse. Les jours suivants, les photos et les caméras n’ont fait qu’attiser l’excitation ambiante et renforcer l’hostilité des émeutiers à l’égard des sapeurs-pompiers. « On nous prenait pour TF1, on nous insultait ». La minute de reportage vidéo coûte 240 euros pour la presse, et les tarifs de reproduction photographique varient de 57 à 1150* euros, selon le tirage du média et l’espace consacré aux photos.

 

* Les prix sont fixés par la préfecture de police, qui dispose de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, bien que celle-ci soit une unité du génie de l’armée de terre.

Par Etienne Balmer - Publié dans : Paris je t'aime moi non plus
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